Castorf : une impressionnante leçon d’opéra

Parmi nos adhérents, Jean-Louis Bellando fait part de ses vues sur la Tétralogie de Castorf:

Je viens régulièrement à Bayreuth depuis 1960. Je suis membre de la Gesellschaft depuis 51 ans et j’ai pu apprécier (diversement) une dizaine de mises en scène du Ring. Concernant Monsieur Castorf, son professionnalisme est impressionnant : il utilise, avec un art consommé, les moyens techniques (jusque là insoupçonnés) mis à sa disposition. En comparaison, Monsieur Chéreau était en 1976 un amateur !

Monsieur Castorf affiche par ailleurs sa volonté de jouer les provocateurs. Mais aujourd’hui la véritable provocation ne consisterait-elle pas à s’abstenir de toute provocation ? Un metteur en scène respectueux du texte de l’épopée (la lance et l’épée, par ex.), soucieux du confort de ses chanteurs, attentif au bien-être du public, serait vraisemblablement confronté aux hurlements déçus des médias, invoquant un populisme rétrograde et aux gémissements ennuyés des « bobos » (ces bourgeois bohèmes qui prétendent gouverner l’opinion culturelle) dénonçant avec mépris une réalisation provinciale.

Et, face à un tel scandale, l’oiseau énamouré, Erda avalant une platée de nouilles et le crocodile débonnaire nourri par Siegfried deviendraient dérisoires (plutôt que dérision) !

Plus choquante est à mes yeux la prise en otage de Wagner pour des faits qui lui sont postérieurs d’un siècle !

Jean-Louis Bellando, Chatou

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